Atelier du 25/05/2010

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Atelier Culture

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ATELIER « CULTURE ET NUMÉRIQUE »

25/05/2010 - SALON COLBERT DE L’HÔTEL DE VILLE

- SYNTHÈSE DES ÉCHANGES -

Présents :

  • Briand Michel, Adjoint au Maire - Ville de Brest
  • Morvan Florence, Internet et expression multimédia - Ville de Brest
  • Lucéa Yannick, Direction Culure-Animation - Ville de Brest
  • Luguern Hélène, service Culture - Ville de Brest
  • Teurtrie Sabine, service Culture - Ville de Brest
  • Galaud Nicolas, Bibliothèque - Ville de Brest
  • Tocquer Nicolas, Bibliothèque - Ville de Brest
  • Marteaux Aurélien, Le Fourneau
  • Cloarec Yffic, Le Fourneau
  • Le Gall Christelle, T.G.B.
  • Coquillaud Philippe, Côte Ouest
  • Le Roy Yves, La Maison du Théâtre
  • Coum Patrice, Impro Infini
  • Chambres Sébastien, Impro Infini
  • Gautier Gwenaël, plasticien

Excusés :

  • Abily Gaëlle, Adjointe au Maire - Ville de Brest
  • Ungauer Sylvie, plasticienne
  • Mouton-Hamon Sylvaine, Ligue de l’Enseignement
  • Poulmarc’h Nicole, Artitude
  • Petron Sylvie, Adao
  • Desjours Marilyne, Cie pour un soir
  • Berthou-Ballot Christine, Archives Ville de Brest/B.M.O.

Yannick Lucéa propose que cette première réunion de l’atelier soit consacrée à un état des lieux des pratiques, actions menées, attentes de chacun, projets, pistes d’amélioration et difficultés rencontrées. A partir ce constant, une problématique et des pistes de travail pourront être dégagées pour la prochaine réunion, qui se tiendra à la rentrée.

Rappel du contexte et des enjeux :

  • Confirmation d’une culture de l’écran (O. Donnat) qui repose sur les principes de l’immédiateté, de la souplesse (ex. : possibilité de regarder la télé sur le net selon des horaires choisis) et bien souvent de la gratuité ;
  • Impact direct auprès des jeunes
  • en tant que consommateurs mais aussi producteurs (d’écrits, d’infos, etc.)- étant entendu que les pratiques culturelles à 20 ans sont celles qui perdure majoritairement tout au long de la vie. .

Michel Briand se réjouit du choix de ce thème de travail et du rapprochement qu’il suscite entre services. Les cultures numériques représentent un fort potentiel qu’il convient d’explorer, sachant que lui-même et le service « Internet et expression multimédia » ne se positionnent pas sur le champ artistique à proprement parler.

Philippe Coquillaud présente deux enjeux forts dans le secteur du cinéma :

  • un enjeu professionnel : la montée en puissance des équipements de diffusion numériques. Faut il toujours aller dans le sens de l’évolution ? Ne serait-il pas utile de préserver une forme de création classique ?
  • un enjeu éducatif : la culture multi-écrans repose sur l’interaction, la rapidité et le zapping.

L’éducation à l’image doit bien entendu s’adapter à ces nouvelles pratiques. Mais faire un film c’est d’abord raconter une histoire. La notion d’écriture est fondamentale. La culture de la réflexion et de l’écriture est à défendre. Attentes par rapport à l’Atelier : une action commune, sensibiliser au mieux.

Sébastien Chambres et Patrice Coum : impro.infini travaille déjà beaucoup sur l’interactivité. Dans le théâtre d’improvisation, la salle est, en effet, acteur. Un rapport à l’immédiateté existe également. des projets sont actuellement en préparation :

  • un spectacle « soirée diapos » dans le cadre de La Déambule avec une déclinaison prévue via Google (sélection d’images sur le net à partir desquelles les acteurs doivent improviser) ;
  • un spectacle permettant un mix entre 3D et théâtre, afin de promouvoir la culture scientifique et sensibiliser aux sciences.

3 principes :

  • Pérénité : spectacle filmé et diffusé sur le web (conserver une trace d’un temps). Ceci

pose la question du théâtre filmé : comment filmer, mettre en oeuvre ?

  • Participation du public : retour sur le spectacle (forum, échanges et réponse par experts), choix des thèmes.
  • Mutualisation (échanger avec d’autres compagnies).

Gwenaël Gautier, plasticien, intervient à titre personnel et fait part d’une inquiétude par rapport à l’élargissement de l’accès au numérique par tous car il faut en garantir le sens. Porte un regard critique sur le numérique en tant qu’outil de création. A déjà produit via le numérique (détournement de l’utilisation d’un scanner) et a des projets sur le thème du livre numérique. S’interroge sur la question des droits d’auteur, s’agissant par exemple des livres numérisés (ex. ce qui peut être légal aux USA ne l’est pas forcément en France).

Christelle Le Gall : TGB doit son existence aux outils numériques (caméra, logiciel de montage et de traitement du son…). De plus, la diffusion des émissions s’opère sur le net : idée d’un média numérique au service de la culture. Importance des réseaux sociaux (ex ; Facebook) qui sont utilisés par l’association. Comment apprécier et analyser le flux, flot continu d’infos, oeuvres, disponibles via le net ? TGB met en oeuvre un volet « apprentissage » (jeunes formés à toutes les disciplines du numérique) dans un objectif de démocratisation culturelle via le numérique et la télévision.

Yffic Cloarec et Aurélien Marteau : le multimédia est au Fourneau un outil de travail, d’expression et de participation selon un principe de démocratisation et de travail en collaboration. Concernant le travail en réseau, l’exemple du site collaboratif Zepa est cité : www.zepa9.eu (8 structures en France et en Angleterre travaillant dans le secteur des arts de la rue). Concernant le volet artistique : plusieurs projets ont été soutenus. Ex. : la Compagnie Le Hublot, à l’occasion de Brest 2008 (dispositif interactif alliant un volet chorégraphique et numérique). Autre exemple : Virthéa, théâtre virtuel, projet porté par Dérézo en lien avec le CERV (utilisation de combinaisons avec capteurs). Une 1ère partie a lieu sur le net suivie d’un spectacle live. Autre projet :NumériArts, concours d’expression numérique, porté par Saint-Brieuc, Rennes et Brest. Le numérique est un nouvel espace d’expression qu’il convient de démocratiser, de même que les outils qui en sont à l’origine.

Plusieurs applications :

  • L’après-spectacle : conserver une trace dynamique (suite, CR, avis et témoignages de

spectateurs, images, archivage) de moments par nature éphémères.

  • Utilisation du syndicat RSS et des réseaux sociaux.

Nicolas Galaud indique que le numérique impacte directement les missions et le fonctionnement de la bibliothèque :

  • La notion même de collection : moins de documents physiques, une partie des collections est en voie de dématérialisation.
  • Le mode de constitution des collections est aussi remis en question. L’exemple est cité des bouquets constitués de périodiques électroniques. Le bibliothécaire est davantage contraint.
  • La conservation des collections dématérialisées : comment les conserver, sur quels supports ? comment les archiver ?
  • L’accès à l’information par les usagers. Exemple du Journal Officiel, aujourd’hui en ligne, et auparavant seulement consultable en bibliothèque pour le grand public. Il y a une perte pour les bibliothèques d’une partie du monopole de l’information. Ceci pose la question de la valeur

ajoutée que les bibliothécaires peuvent apporter aux usagers.

Dans les bibliothèques brestoises, 70 ordinateurs sont accessibles aux usagers, dont une vingtaine de PAPI (Points d’Accès Publics à Internet). Des services en ligne existent : le portail documentaire de la bibliothèque compte ainsi 450 visites par jour. La relation à l’usager passe aussi maintenant par internet. Les bibliothécaires animent deux blogs dont un destiné aux jeunes (« On lit trop dans cette bibli »). Les réseaux sociaux (Facebook) sont utilisés. La médiathèque Jo-Fourn de Pontanézen compte ainsi près de 800 amis via Facebook.

S’agissant du patrimoine écrit, la numérisation est un bon outil de mise en valeur et de diffusion.

Questions : que numériser ? comment, pour qui ? quels modes de diffusion et avec quels moyens ?

Gwenaël Gautier pose la question du gage de pérennité d’Internet. Nous vivons une époque de transition, passant du livre physique au livre numérique. Le modèle de ce dernier se cherche encore.

Yves Leroy dit son intérêt pour l’Atelier et explique les raisons de sa participation : le monde du spectacle vivant, basé sur un lien physique et direct entre artistes et public, est en effet plutôt éloigné du numérique. Le spectacle est une re-présentation du réel, il donne à voir au présent. On peut aussi dire que le numérique ouvre un nouvel espace public. Yves Leroy fait part de son attachement à la notion d’oeuvres élaborées vivantes. Comment ramener le numérique dans le présent, dans le vivant ?

Florence Morvan présente le service « Internet et expression multimédia », ses missions et actions principales :

  • L’appropriation sociale des nouvelles technologies de l’information,
  • Le soutien aux actions après appel à projets annuel (35 / 40 projets multimédia par an)
  • L’assistance technique et le prêt de matériel, dans le cadre d’un centre de ressources pour animateurs multimédia + conférences, ateliers, recyclage d’ordinateurs déclassés…
  • Le projet Wiki-Brest : carnet d’expression multimédia des habitants du Pays de Brest.

Michel Briand indique un travail sur les biens communs numériques (licence Creative Commons), la production de choses réutilisables par tous, avec pour objet d’attention prioritaire les documents et données produits grâce à de l’argent public (ex. : cartes…). Autre exemple : les musées et leurs oeuvres photographiées, en ligne sur Wikimedia Commons. Une journée d’information sur les biens communs sera organisée en octobre prochain.

Il s’agit aussi de donner à voir et de valoriser les sites participatifs (ex. Spip). Proposition est faite d’ouvrir un site participatif sur la thématique du présent Atelier.

Dans cet ordre d’idée, il serait intéressant d’oeuvrer à l’accessibilité de tous les cours et conférences donnés à Brest (ex. : BMO, UBO, grandes écoles, Dialogues… ) via par exemple un portail unique.

Les actions menée sur le Pays de Brest disposent d’un budget d’1M€ (Contrat de Pays). Un accompagnement financier sur la création est possible.

Autre action / réflexion : devancer l’arrivée du très haut débit à Brest (2010-2011) : quel impact ? quel accompagnement ?

Nicolas Toquer : la notion d’espace public est revenue à plusieurs reprises, mettant en lumière plusieurs concepts :

  • La démocratisation (d’outils, d’accès, de savoirs…)
  • De nouveaux modes de sociabilité
  • La règlementation : quelle(s) règle(s) peut-on imaginer dans ces espaces qui se créent ?
  • La fiabilité : quelle fiabilité des informations véhiculées sur le net ? Aujourd’hui est vrai ce qui correspond à plusieurs occurrences sur le net.

Nicolas Galaud intervient sur les modèles économiques actuellement en cours de développement. Une action possible à l’échelle de la collectivité est-elle possible ?

Sabine Teurtrie présente l’exposition sur les arts numériques organisés par la Ville cet été avec la participation de plusieurs structures et associations partenaires :

  • Le Fourneau
  • La Maison de la Fontaine
  • La Galerie de l’Esab
  • Derezo
  • Astropolis

Plusieurs pistes de réflexion émergent de ce premier Atelier :

  • La position à tenir par rapport au bouleversement des pratiques : les accompagner, voire les favoriser, ou tenter de préserver l’existence de pratiques anciennes, artistiquement justifiées mais menacées ?
  • Quel rôle des artistes et créateurs via le numérique ?
  • L’interrogation des modèles économiques en vigueur ou émergents (question des industries culturelles).
  • Comment utiliser ce nouvel espace public : quel rôle de la collectivité, de ses services, des associations ? Quelles règles ?

Il est proposé que la prochaine réunion, à la rentrée, reçoive la participation d’un intervenant, permettant d’aborder plus précisément l’une (ou plusieurs) des problématiques mise(s) en valeur par l’Atelier.

Yannick LUCEA Directeur de la Culture et de l’Animation